Reprise ou changement de prothèse totale de genou

POURQUOI UNE REPRISE DE PROTHÈSE DE GENOU?

Si votre prothèse totale ou partielle du genou pose un problème qui ne peut pas être résolu par un traitement médical, alors votre chirurgien peut vous proposer une reprise chirurgicale.

Pourquoi une ré intervention ?

Plusieurs raison à une ré intervention chirurgicale, avec ou non le remplacement des implants :

L’usure du composant en polyéthylène

Cette usure est normal et progressive (un peu comme des plaquettes de frein). Elle entrainera sur le long terme (15 à 20 ans) le descellement des implants.

Le descellement (la prothèse ne tient plus à l’os)

Il peut être secondaire à l’usure du polyéthylène et/ou au vieillissement des os autour de la prothèse. Il peut être également secondaire à une infection. Très rarement, la prothèse peut se rompre soit à la suite d’un accident soit par des contraintes mécaniques anormales.

Les infections

Elle sont rares (moins de 1%) et sont une cause de reprise chirurgicale de la prothèse. Elles peuvent apparaître dans les suites opératoires immédiates ou se manifester de nombreuses années plus tard.

Les fractures des os autour de la prothèse

Les fractures des os autour de la prothèse lors d’une chute ou d’un accident. Elle surviennent également chez les sujets très âgés ou les personnes en surpoids majeur.

Des lésions des ligaments

Des lésions des ligaments lors d’une entorse peuvent rendre le genou instable, il lâche. Si la symptomatologie persiste on peut être amener à proposer le changement de la prothèse.

Une allergie aux métaux

Une allergie aux métaux composant les implants de la prothèse est un phénomène rare mais qui existe. Cette allergie peut entrainer des douleurs et même un descellement précoce des implants.

Reprise chirurgicale sans changer les implants

  1. Un conflit entre la prothèse et des tendons ou ligaments qui entourent le genou.
  2. La rupture du tendon sur la rotule peut justifier une nouvelle intervention pour réparer cette attache.
  3. La rotule peut être instable ou douloureuse et peut nécessiter une reprise chirurgicale en posant un implant ou en retendant les ligaments.
  4. Le lavage chirurgicale avec prélèvement bactériologique lors de la suspicion d’une infection précoce de la prothèse survenant dans le mois qui suit la pose des implants.

QUELS SONT LES SIGNES D’UNE PROTHÈSE DE GENOU QUI NE FONCTIONNE PAS CORRECTEMENT ?

D’une manière générale tout symptôme anormal doit vous amener à consulter votre médecin et votre chirurgien au plus vite. Plus le diagnostic d’une complication est précoce, plus son traitement sera satisfaisant.

  • La douleur est le maître symptôme. Des douleurs inhabituelle qui persistent ou qui réapparaissent après une période plus ou moins longue après la mise en place de la prothèse.
  • Une boiterie, une perte d’autonomie, une raideur de l’articulation,
  • Une instabilité, un genou qui lâche,
  • Un gonflement, avec parfois un kyste à l’arrière du genou (kyste poplité).
  • Les signes évoquant une infection :
    • Fièvre
    • Rougeur de la cicatrice du genou
    • Un écoulement au niveau du genou par une fistule
    • Un gonflement persistant du genou

Quels sont les examens à faire pour la première consultation ?

De simples radiographies du genou suffisent.

Quels sont les autres examens complémentaires prescris par le chirurgien ?

Une prise de sang à la recherche d’une infection.
Une scintigraphie osseuse à la recherche d’un conflit, d’un descellement des implants, d’une souffrance osseuse.
Une échographie avec éventuellement une ponction du liquide intra articulaire fait dans un centre spécialisé en cas de suspicion d’infection.
Un scanner à la recherche d’anomalie dans le positionnement des implants.

L’INTERVENTION CHIRURGICALE

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale rachianesthésie.

L’incision reprend le plus souvent le trajet de l’ancienne cicatrice. Des prélèvements de tissus sont réalisés pour éliminer une origine infectieuse. Si les implants doivent être changés alors ils sont retirés. En fonction de l’importance des pertes de substance osseuses il est pratiqué une reconstruction par des greffes osseuses ou des cales métalliques.

La prothèse de reprise comporte une pièce fémorale métallique qui reproduit la surface articulaire du fémur avec parfois une quille qui rentre dans le fémur, une pièce tibiale métallique avec ou non une quille qui rentre dans le tibia, et entre les deux la pièce en polyéthylène. Ces différents composants sont le plus souvent fixés à l’os par un ciment acrylique.

Dans certains cas d’infection, il n’est pas toujours possible de remettre tout de suite en place une nouvelle prothèse. Il est positionner moule en ciment en attendant de guérir l’infection. Puis dans un deuxième temps une nouvelle prothèse est posée.

Après l’intervention

Le lever et l’appui sur le membre sont autorisés le jour même de l’intervention avec l’aide du kinésithérapeute.
Afin d’éviter les phlébites, un traitement anticoagulant est prescrit pendant au moins 14 jours ainsi que des bas de contention
Après quelques jours d’hospitalisation et en fonction de votre récupération vous pouvez sortir de la clinique pour votre domicile ou un centre de convalescence.
La marche est protégée par des cannes anglaises pendant environ 21 à 45 jours.
La conduite automobile est reprise en fonction de vos sensations, rarement avant 14 jours après l’intervention.

Quelles sont les complications qui peuvent survenir avant, pendant ou après l’acte chirurgical ?

Il peut arriver que votre intervention soit reportée afin d’assurer au mieux votre sécurité :

  • En cas de maladie survenue peu avant votre hospitalisation,
  • De modification récente de votre traitement habituel,
  • De blessure ou infection à proximité du site opératoire,
  • D’oubli ou de non-respect des consignes données par votre chirurgien ou votre anesthésiste,
  • En cas de non disponibilité imprévisible du matériel nécessaire à votre intervention.

Votre chirurgien a choisi la prothèse de genou qui semble la plus adaptée à votre cas, cependant, il peut arriver que la qualité de vos os, de vos ligaments, l’importance de l’usure nécessite des gestes complémentaires voire un changement de type de prothèse ou une nouvelle intervention.

Des complications peuvent survenir pendant l’intervention

  • Le saignement pendant l’intervention est normal mais son importance est variable. Il peut parfois nécessiter à une transfusion sanguine, même si l’intervention s’est parfaitement bien passée.
  • Une lésion ligamentaire ou tendineuse peut survenir dans certains cas difficiles, elle peut nécessiter des gestes complémentaires et modifier les suites opératoires.
  • Une blessure des vaisseaux, surtout dans les cas complexes, peut être à l’origine de saignements très importants et avoir des conséquences vitales.
  • Une fracture peut survenir au cours de l’intervention. Ces fractures sont favorisée par la fragilité osseuse. Certaines ne justifient pas de traitement spécifique, certaines doivent être fixées par des plaques, des vis et/ou des cerclages métalliques.
  • Une blessure de nerfs peut entraîner des troubles durables voir définitifs tels qu’une paralysie partielle du membre inférieur.
  • Durant l’intervention, l’évaluation de votre état osseux, de celui de vos ligaments et de l’importance de l’usure peuvent amener votre chirurgien à des gestes complémentaires voire à changer le type de prothèse initialement prévue.

Complications pouvant survenir à distance de l’intervention

  • Un hématome qui lorsqu’il est très important et empêche la cicatrisation de la plaie impose une reprise chirurgicale pour évacuer cet hématome.
  • Un retard dans la cicatrisation, un écoulement Il est favorisé par des cicatrices multiples secondaires à de nombreuses interventions. Cette mauvaise cicatrisation est également favorisé par le surpoids, le tabagisme, l’artérite et aussi lors de la prise de certains traitements retardant la cicatrisation comme dans les rhumatismes inflammatoires. Toute anomalie dans la cicatrisation impose de revoir rapidement votre chirurgien qui jugera de la conduite à tenir. Les conséquences peuvent être graves et provoquer une infection.
  • La survenue d’une infection de la zone opératoire allant jusqu’à la prothèse est une complication rare mais grave qui impose une reprise chirurgicale.
  • Les phlébites sont maintenant exceptionnelles mais nécessitent toujours un traitement préventif. Un lever précoce avec appui est un facteur essentiel de prévention des phlébites.
  • Certaines cicatrices restent sensibles et il est fréquent que plusieurs zones autour de celles-ci aient perdu un peu de leur sensibilité rendant inconfortable la position à genoux.
  • Des tendons autour de la prothèse peuvent être irrités. Cela peut entraîner des douleurs lors de certains mouvements et nécessiter divers traitements, voire un nouveau geste chirurgical.
  • Une raideur du genou. Il est primordiale de bien rééduquer son genou et de suivre les instructions du chirurgien qui sont propres à chaque cas.
  • La persistance d’une raideur, de douleur, de gonflement plusieurs semaines après l’opération peut faire craindre une complication nommée “algodystrophie” ou «syndrome régional complexe de type 2». Il s’agit d’une complication encore aujourd’hui mal comprise qui évolue sur plusieurs mois et qui laisse parfois une certaine raideur.
  • L’instabilité fémoro-patellaire.

LES RÉSULTATS À ESPÉRER

Les meilleurs résultats sont observés après un délai d’au moins 6 mois. L’amélioration peut se poursuivre pendant les deux années postopératoires. Le résultat attendu est une marche sans canne indolore.

La conduite automobile est reprise en fonction de vos sensations, pas avant 14 jours après l’intervention.

Les activités professionnelles sont généralement reprises après 2 à 3 mois (très variable en fonction de la profession et des cas).

Les activités sportives sont autorisées après plusieurs mois. Elles dépendent de votre niveau physique et de la qualité de votre os. Elles sont à valider avec votre chirurgien

FAQ : questions souvent posées par les patients

Comment sera ma cicatrice ?

Elle mesurera entre 15 à 30 centimètres sur la partie antérieure du genou. Cela dépend de votre corpulence, de la forme de vos jambes, de l’existence ou non de cicatrices, de votre musculature et d’autres facteurs comme la raideur du genou.

J’ai encore du mal à monter et descendre les marches, j’ai tendance à boiter lorsque je suis fatigué ou que je suis resté assis longtemps, est-ce normal ?

Les muscles mettent un temps plus ou moins long à retrouver leur tonus surtout lorsque l’articulation est encore douloureuse. Les réflexes qui vous permettent de tenir debout et d’éviter de trébucher sont perturbés ce qui augmente le risque de chute. C’est pourquoi il faut souvent plusieurs semaines ou mois pour retrouver une force normale.

Puis-je voyager ?

Oui mais il est sans doute sage d’attendre la 6ème semaine. Attention aux longs voyages, ils favorisent les phlébites et peuvent nécessiter un traitement anticoagulant. N’hésitez pas à interroger votre médecin traitant.
En avion, dégourdissez-vous les jambes toutes les 2 heures et portez des bas de contention.

Est-ce que je risque de faire sonner les portiques détecteurs de métaux dans les aéroports ?

Oui : Aucun document médical n’est conseillé par les services de sécurité des aéroports. La police de sécurité saura localiser votre prothèse par les détecteurs de métaux.

 

Puis je me mettre à genoux ?

Oui : La position à genoux est possible mais longtemps inconfortable. La gêne et la douleur disparaissent avec le temps et surtout l’entrainement.

Ma prothèse peut-elle faire du bruit ?

Oui, un des principes de mécanique est que pour qu’il y ait du mouvement il faut du jeu entre les pièces. On laisse donc un petit jeu entre le composant fémoral en métal et le polyéthylène en plastique et donc lors de certains mouvements il peut survenir un léger claquement.

Quelle est la durée de vie de ma prothèse ?

Il est peu probable que votre prothèse doive être changée, Avec un recul de 10 ans 95% des patients ne sont pas réopérés.

Devant quels signes dois-je m’inquiéter ?

La réapparition d’une douleur ou d’un gonflement du genou.
Une température élevée.
Un gonflement et une rougeur ou un écoulement au niveau de la cicatrice.
Une douleur du mollet.
Une oppression respiratoire.
Et d’une façon générale, tout symptôme nouveau. Sans attendre, appelez un médecin (de préférence, votre médecin traitant). Si vous ne parvenez pas à le joindre, contactez l’établissement où vous avez été opéré.

Cette page d’information est librement inspirée du document ci-dessous.
Ce document réalisé en collaboration entre : Orthorisq, organisme agréé par la Haute Autorité de Santé pour l’accréditation des praticiens et la gestion du risque en chirurgie orthopédique, la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique, la Société Française de Chirurgie de la Hanche et du Genou, l’association de patients Le Lien
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